Editor-In-Chief: Charbel Baini

Une Lettre depuis l'exil/ Mahmoud Said Kawash

Un cri douleureux d'un étranger dans un pays étrange
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Dédié à l'âme de mes parents bien aimés

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Une Lettre depuis l'exil


Non, Non
Je ne suis pas là-bas
Non, je ne suis pas là-bas
Je n'y suis plus
J'y étais
Mais maintenant , je suis ici
Ici, dans un monde révoltant
Sombre, triste
Insensée, impitoyable
Et sans amour ni nostalgie

Dans un monde noyé dans l'inquiétude
Les douleurs et l'ennui
Etouffé par la matité
Ample de la monotonie
Sans but ni espoir
Sans début et sans fin
Avec des cris stridents
Et des douleurs
Ornés de lamentation

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Je suis ici maintenant
Dans un monde de mirage
D'exil et de décombres
Je me nourrit de terre
J'embrasse les cailloux
J'allonge mes veilles
En jouant mes cordes
Et contemplant la lune
Je ferme les yeux à peine

Dans mon exil
La nuit se révèle longue
Lourde
Dévore la lumière du jour
L'envahit d'obscurité et d'ombre
Et lui fait perdre sa dignité
Le maudit et le maudit
Maudit même le grain de poussière
Maudit les pierres
Les arbres et les humains

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Autrefois, j'étais bien là-bas
Sur les collines de mon village
Avec mes semblables !
J'admirais ma terre
Là où réside ma gloire et mon espoir
La gloire de ma dignité, mon soufle
Et ma splendeur

J'étais là-bas
A ma Mirun
Où se trouvent mes origines
Mon peuple
Mon identité
Là où rampaient mes troupeaux
Et où se trouve mon lieu de prière

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Avant, j'étais là-bas
Je me consolais par des espoirs
Cherchant le soulagement
La sérinité
Ne connaissant pas le chagrin
Ni les larmes
Ni la douleur
Ou les pleurs et les gémissements

Autrefois, j'étais là-bas
Plein d'espoir
Cherchant la grandeur
Et mon long chemin
Flirtait l'écho
Et le coucher du soleil
Apportant de la joie à mon âme
Il n y avait pas d'echo
Sauf un chant d'amour lointain
mon hymne si beau et si proche

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Et voilà que je suis ici
Je ne suis plus là-bas
Je suis ici
Tout seul avec mon oreiller
Sur un lit sans bonheur
Dans un monde qui n'est pas le mien
Un monde vaste, très vaste
Comme je voudrais qu'il soit petit

Je n'ai pas d'autre choix
Obligé de serrer mon oreiller
Et rester dans mon lit
me nourrir de terre
Embrasser les pierres
Mais ma conscience ne cesse
De me torturer
Mon âme est submergée par les cris
qui baisseront le ton, bientôt
Cèdant la place
A la voix solonelle du destin

**
Et voilà que je suis ici
Dans le monde des ventrus
Monde des oppresseurs
Qui multiplent les péchés
Le monde, Où la musique
Des tambours stridents
perce les oreilles

je suis ici maintenant , je suis là
Bien que je ne serai jamais
Et jamais
Et pas dans un million d'années
Flux de la terre
Ni embrasser les pierres
Dans ce monde impur et suspect
Bizarre et Étrange
Qui rabaisse les sages
Maltraite les intellectuels et les génies
Et décourage le bien-aimé !


Copenhagen 2012

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